vendredi 29 avril 2016

I Am a Hero In Osaka

"I Am a Hero In Osaka" est un manga dérivé du fameux "I Am a Hero" tout court, qui après 18 volumes (16 en France) et 4 années de publication, est devenu une série culte (il faudra que je vous en parle un de ces 4, c'est mon manga préféré toutes époques confondues).

Le pitch de "I Am a Hero" ? Un virus fulgurant transforme l'humanité en zombies. Rien de bien extraordinaire me direz-vous, c'est même d'un banal affligeant, vu que dans les histoires de zombies il n'y a que deux explications possible : les morts se réveillent et mangent les vivants, ou un virus (c'est plus plausible) transforme les vivants en morts-vivants qui ont, eux aussi, très faim. Miam miam.

Là où se situe l'originalité du manga de Kengo Hanazawa (dont le héros est son sosie, tiens c'est curieux ça) est de mettre en scène un road-movie survivaliste désespéré (peu de huis clos) dans le Japon contemporain, mais aussi un peu en France, en Corée du Sud et en Italie (tous les lieux existent, on les trouve assez facilement sur Street View), mais surtout d'avoir imaginé des personnages banals mais fascinants par leurs imperfections, et souvent très drôles - et touchants - malgré eux.

Les zombies eux aussi sont un peu différents de ce que l'on a l'habitude de voir : souvent dessinés dans des postures grotesques, désarticulés, avec des scènes d'horreur absolue (on a vraiment peur et c'est parfois très gore). L'étape de transformation est également souvent dessinée et assez impressionnante : l'humain commence à tenir des discours incohérents, il se met à saigner, ses veines saillent et ses yeux s'injectent de sang, tout ce qu'il dit est à la fois drôle, ridicule et effrayant.
Bref c'est un véritable univers décalé, qui glisse au fil des numéros vers une forme de surréalisme, atteignant des sommets de l'absurde difficiles à décrire, mais je vous promets que certains dessins resteront gravés dans votre mémoire.

Bon, j'ai un peu trop parlé de "I Am a Hero", j'en viens donc à "I Am a Hero In Osaka", qui est une série dérivée (en un seul volume, il n'y aura pas de suite) réalisée par Yuki Honda, et terminée fin 2015. Celle-ci conserve donc toutes les bases de l'histoire, même effets pour même cause, mais au lieu de se situer en début d'histoire à Tokyo, c'est à Osaka que l'action se déroule. 


Tacchan, le fiancé de Kozue, en bien mauvaise posture


Les personnages sont très différents de "I Am a Hero", ainsi que l'environnement. Dans cette série, une jeune fille et sa copine sont prises au piège dans un avion en attente de décollage, et le petit copain de la première est lui à moto, tentant de rejoindre sa fiancée.
Comme dans "I Am a Hero" qui mettait en scène un assistant mangaka (tiens donc) trouillard et associal qui essaye de se comporter comme un héros, c'est ici le petit copain qui fait de même pour aller sauver sa belle (et qui devient un vrai héros). Yuki Honda a bien saisi l'ambiance et la psychologie des personnages imaginés par Kengo Hanazawa, et "I Am a Hero In Osaka" est franchement du même niveau que son modèle. On vibre avec ces héros maladroits auxquels on s'identifie immédiatement, on rit de leurs imperfections, on tremble devant les scènes atroces qui les entourent et le chaos généré en quelques dizaines de minutes.

Le dessin de Honda quant à lui est évidemment différent de celui de Hanazawa, mais il en reste assez proche, et très agréable grâce à son réalisme et au fourmillement de détails.

"I Am a Hero In Osaka" n'est disponible qu'en anglais et en lecture en ligne sur le site Mangafox, découpé en sept chapitres, ou en un fichier unique disponible ici (j'ai ouï dire qu'un certain quinquado aurait lui-même créé ce fichier, voilà vraiment un type formidable, même s'il n'a quand même pas pris la peine de le traduire en français, faut pas déconner quand même).


Kozue, l'héroïne, en bien mauvaise posture (bis)

PS : Tout ça donne bigrement envie qu'un mangaka français nous ponde un "I Am a Hero in Limoges" ou un "I Am a Hero in Toulon", il y a matière à... ça serait bien, non ?

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