mercredi 14 février 2018

Les meilleurs albums de 2017 vus par un vieux de 50 ans

Quel titre provocateur hein, mais c'est pour être bien indexé dans les moteurs de recherche, sinon personne ne lit ce foutu blog dont je ne fais quasi aucune pub, c'est amusant ce sentiment d'écrire dans le vide juste pour soi-même.

Bon ça fait des années que je me dis que je dois faire mes best-of année par année jusqu'à l'aube des temps, les quinze dernières années sont prêtes et en attendant de m'y replonger voici celui de l'année 2017. En février c'est bien, ça laisse un peu de recul, mais de toutes façons il y aura peut-être des trucs sortis fin 2016, l'art du best-of étant tellement fluctuant et incertain...

Classer les albums est extrêmement difficile, donc je ne le ferai pas, voici les dix meilleurs dans le désordre, suivis d'une liste des disques susceptibles de venir ponctuellement déranger cette liste de dix.

Oubliez les Inrocks et tous ces gens qui vous font croire qu'ils savent de quoi ils parlent ! Ecoutez un mec qui a vraiment vécu tout ça de près depuis 30 ans ! Soyez curieux ! Il n'y a pas de bonne culture, il n'y a que la sienne propre, sans a priori et sans écouter personne, et surtout pas ceux qui reçoivent des disques qu'on leur demande de chroniquer ! Nom de Dieu !!!


Josefin Öhrn + The Liberation : Mirage
Du psychédélime noirâtre répétitif venu de Suède, et un album que je n'ai pas cessé d'écouter tout au long de l'année. Et quand Josefin chante en français, je kiffe !



Spectres : Neck
Ils sont relativement rares les bon groupes de noise, aujourd'hui. La plupart sont des héritiers de My Bloody Valentine, et leur musique reste mélodique. Spectres va plus loin, et plonge allégrement dans des climats malsains et parfois inaudibles. Mais quelle puissance ! Quant à leurs vidéos... euh...



Fufanu : Liability
On repart vers le froid, et carrément loin : en Islande. Manifestement ces braves petits gars ont été marqués par les années 80, et leur mélange de pop new-wave électro post-punk nous donne une musique assez étouffante, aux ambiances bizarres, comme si on avait posé un filtre opaque sur des tubes FM. Etrange mais possédé.



Tristesse Contemporaine : Stop and Start
Ils vivent en France mais sont suédois, japonais(e) et anglais ! En dépit du titre, rien de triste dans leur musique, mais un post-punk très sombre, minimaliste, froid et répétitif, sec comme un coup de schlague. On a toujours été bons dans ce registre en France, ça doit être l'ambiance du pays qui fait ça.



Cherry Glazer : Apocalipstick
Groupe féminin "post-grunge" dira-t-on, avec des filles qui savent manier des guitares, et mêler impeccablement de chouettes mélodies avec juste ce qu'il faut de colère et d'émotion. Un disque qui n'avait l'air de rien passée la première écoute, et puis je me suis surpris moi-même à le réécouter sans arrêt, en me disant à chaque fois "il y a un sacré truc là-dedans". J'ai pas trouvé quoi, mais je ne m'en suis toujours pas lassé !



Teenanger : Teenager
Avec Tristesse contemporaine et Century Palm, ils pourraient être dans le trio de tête, franchement. Ces gars ont digéré à merveille tout ce qui s'est fait de mieux en post-punk glacial, en droite lignée des excellents Australiens de Total Control dont le dernier album a failli figurer dans ce top (mais l'ayant découvert début janvier il sera dans mon best-of 2018)



Century Palm : Meet You
Voir Tristesse Contemporaine et Teenanger pour l'ambiance et la musique. C'était leur unique album, car a priori le groupe n'existe plus, ce qui est vraiment extrêmement dommage, car ils sont bourrés de talent. Génial, tout simplement.



Beaches : Second of Spring
On part maintenant en Australie (décidément ce classement est très international) : Beaches (à ne pas confondre avec The Beaches) en est à son troisième album, dans le genre psyché cotonneuse mais avec un son plus dur que Josefin Öhrn (on pense un peu à Loop, le fameux groupe de la fin des eighties). Leur meilleur album, enivrant, tendu et noirâtre....



Inheaven : Treats
Déjà évoqué dans ma note précédente, ces clones de Nirvana sont beaucoup moins clones qu'ils en ont l'air si on oublie certains riffs et sons de guitare. Une série de tubes incroyables, voilà ce qu'est cet album. "Treats" envoie du bois, comme on dit, sans laisser une seconde de répit à l'auditeur, on déguste tout ça gloutonnement et à la fin on est tout secoué... pour mieux recommencer.



Wolf Alice : Yuk Foo
Là aussi évoqué précédemment, Wolf Alice avait déjà sorti un premier album pas vraiment marquant, mais ils ont réussi ici à faire exploser tout leur talent. Ils savent tout faire : de la pop légère, de la pop expérimentale, de la shoegaze, du punk déchaîné, bref on est sans arrêt désarçonné et à chaque fois bigrement séduit (oui j'ai utilisé l'adjectif "bigrement", ça vous gêne ?).



et aussi :

Cheveu & Group Doueh : Dakhla Sahara Session : brillant exercice du groupe français le plus original de ces dernières années, en compagnie d'un groupe... du Sahara Occidental. Unique, fascinant, étourdissant.

The Moonlandingz : Interplanetary Class Classics : album complètement barré de pop psychédélico-gothico-expérimental. Assez jouissif, d'autant qu'on pense parfois à Love & Rockets.

The New Pornographers : Whiteout Conditions : de l'ultra-pop avec des mélodies extra, des choeurs, il n'y a que des anglais pour réussir ce genre de musique... mais ils sont Canadiens, ils existent depuis 20 ans et c'est leur septième album, à ne pas manquer.

Moon King : Secret Life : deuxième album de Daniel Woodhead, un Canadien, de la brillante shoegaze à fleur de peau qui ravira les fans de Lush et co

Dutch Uncles : Big Balloon : le renouveau de la new-wave, d'une une new-wave précieuse mais pas ampoulée, lyrique mais pas chiante, pleine de sensualité et de fragilité, bref très actuelle.

Madonnatron : Madonnatron : groupe féminin pas très loin des Moonlandingz, un nom rigolo, et une première moitié d'album fascinante d'ironie très gothique.

The Horrors : V : les rois d'une pop hypnotique shoegaze et psyché, c'est leur 5ème album et c'est toujours aussi bien, à ranger aux côtés de Toy, groupe très similaire.

re-TROS : Before The Applause (Rebuilding The Rights Of Statues) : on part en Chine, carrément, et quelle claque que ce disque, sorti en fin d'année : re-TROS fait de l'électro post-punk, on va dire, mais pas un morceau ne ressemble à l'autre. Morceaux électro destructurés, titre a cappella de 5 minutes parfaitement envoûtant (ça il fallait le faire), reprise narquoise d'un obscur morceau de Bauhaus complètement transcendé, je me demande pourquoi je ne l'ai pas mis dans mon top 10 tiens.

Pale Honey : Devotion : deuxième album pour ce duo de suédoises et leur pop-rock à fleur de peau, le genre d'album qu'on ne se lasse pas d'écouter et auquel on revient régulièrement. Entêtant.

Reformations et "vieux" groupes :

Charlatans : Different Days : ça va bientôt faire 30 ans que les Charlatans ponctuent notre quotidien de leur "brit-pop" aux influences 60's et 80's, on est fan ou pas, devinez dans quel camp je me range. Leur dernier album, calme et mature, est aussi très spleeneux...bon il est excellent quoi.

Ride : Weather Diaries : personne n'aurait misé un kopeck sur leur retour et aurait pu craindre le flop Lush (un maxi et puis s'en va), mais non, Ride est non seulement revenu après 25 ans d'absence avec ce style qu'on aimait tant, mais ils ont de plus réussi à se renouveler, en ajoutant à leur shoegaze ultra-sensible une touche très actuelle (il y a un vrai renouveau shoegaze avec plein de groupes tout partout).

LCD Soundsystem : American Dream : lui aussi, on ne l'attendait vraiment pas. James McMurphy est tout simplement un petit génie du clavier, il a réussi à refaire du Bowie ou du Iggy Pop sans rien pomper, c'est dire la puissance de ses morceaux d'une inventivité rare.

Wire : Silver / Lead : je suis archi-fan depuis le début, ils seront toujours dans tous mes tops, même si pour 2017 le tempo de ce dernier album s'est considérablement ralenti, délaissant la tension omniprésente des précédents pour une musique plus calme qui laisse forcément ressortir une certaine forme de mélancolie...

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